Récit de mon accouchement.

Jeudi 20 mars 2014: plus que deux jours avant le terme, je suis si impatiente.

10 heures : Je sens une perte, je me précipite alors aux toilettes et constate que je perds le bouchon muqueux. Je suis un peu étonnée par cette grosse glaire, au moins on ne peut pas se tromper. Cela me conforte dans le fait que deux jours plus tard je serais à terme et je commence à (vraiment) me rendre compte que l’arrivée du Petit Prince est imminente. Je mesure alors tout le chemin parcouru depuis Juin 2013. Je suis une fi-fille à Maman et je ne peux m’empêcher de lui envoyer un message pour la prévenir et pour lui parler. Je préviens également l’Homme même si je sais que ça n’a pas vraiment d’importance.

13 heures: l’Homme rentre du travail et décide d’aller faire une sieste. Je me pose alors dans le canapé devant « Toute une histoire » . Je regarde par la fenêtre, il fait beau. Je me dis que c’est une bonne journée pour rentrer à la maternité. Et puis je me lève du canapé et me rend compte que j’y laisse une tache grosse comme une balle de ping pong. Des pertes blanches abondantes? Je décide d’attendre.

18 heures: L’Homme se lève, je lui explique alors que j’ai perdu un liquide mais que je ne m’inquiète pas car j’ai des pertes blanches très abondantes depuis quelques jours et, qu’étant en petite robe légère, cela a pu aisément traverser mes sous-vêtements. Mais l’Homme préfère qu’on aille vérifier et m’emmène à la maternité. Et là, tout s’accélère!

Nous sommes rapidement pris en charge par une étudiante sage-femme très gentille. elle m’inspire confiance dès les premiers mots et elle fera ensuite partie de mes personnes « fétiches » du service! Elle m’installe en salle de pré-travail, me pose un monitoring, nous explique tout dans les moindre détails et nous scrutons les battements du cœur du Petit Prince et la variations des contractions que je ne sens absolument pas. Après une demi-heure sous surveillance, notre sage-femme et sa formatrice entrent à nouveau dans la salle. Elles nous posent un tas de questions, demandent mes papiers, ma carte de groupe sanguin et c’est à ce moment là que l’Homme décide que le Petit Prince portera mon nom. Nous en avions discuté mais il était réticent à cette idée… et puis il a changé d’avis et j’eus envie de pleurer tellement j’étais heureuse. La sage-femme « formatrice » nous annonce que l’on va passer à l’examen afin de déterminer la nature du liquide que je perds. Elle nous demande si son élève peut procéder à l’examen , nous répondons par l’affirmative! L’examen se fait et je croise les doigts, je n’ai plus envie de rentrer chez moi. J’entends d’abord un « Je crois que ce ne sont que des pertes blanches » et finalement elle s’exclame « Ah non! C’est positif! La poche des eaux est fissurée! Madame vous restez avec nous« . J’explose de joie, les larmes coulent. L’Homme décide de prévenir nos familles de mon entrée à la maternité et moi, pendant ce temps, je réalise que je ne rentrerais plus à la maison sans mon p’tit bout. Et ça me fait une drôle de sensation , entre jouissance et peur extrême. Mais j’ai tellement envie de le rencontrer! Je suis optimiste. Dans ma tête, je vais accoucher dans les prochaines heures. Mais les sage-femmes me ramènent les pieds sur terre avec un « ça peut prendre 48h! » Mon col n’est ouvert qu’à 1 doigt. Et les contractions sont minimes, je ne les sens même pas. On m’installe en chambre particulière et on me conseille de dormir. Le lendemain, si le travail n’a pas commencé, on me déclenche par tampon. J’entends autour de moi des petits cris de bébés qui réclament à manger, je me dis que se sera bientôt mon tour. Je réfléchis beaucoup, la nuit risque d’être longue. L’Homme décide de partir, il est 20h30.

Vendredi 21 Mars 2014, il est 7h et j’ai vraiment passé une mauvaise nuit. L’excitation sans doute. J’entends encore ces pleurs de bébés qui m’attendrissent tant. Je décide d’aller prendre ma douche. Entre temps, la sage-femme passe et me crie derrière la porte qu’elle viendra pour 9h et que j’ai le temps de me préparer. On m’amène mon petit dèj, j’envoie un message à l’Homme. Peu de temps après il arrive. La sage-femme vient nous chercher, je nourris un nouvel espoir: Accoucher dans la journée. On me place à nouveau en salle de pré-travail. Une nouvelle sage-femme me prend en charge et m’explique comment va se passer ma matinée. Elle me fait un examen, je ne suis encore qu’à 1 doigt. Puis elle introduit le tampon censé déclencher le travail. C’est un peu compliqué, je suis tendue et ça devient vite désagréable. Elle me pose le monitoring, tout va bien. Et elle nous laisse. Je vois sur la courbe du monitoring des contractions qui se rapprochent et qui semblent de plus en plus intenses. Mais je ne les sens toujours pas.

Au bout d’une petite heure, l’appareil se met à sonner, j’appelle la sage femme. Cela n’a duré que 5 minutes mais ces 5 minutes ont été difficiles à gérer. J’ai vu le cœur de mon Bébé qui ralentissait. La sage-femme a appelé une collègue à la rescousse puis le médecin de garde et personne ne m’expliquait ce qu’il se passait. J’ai eu le droit à une piqûre pour faire repartir le cœur du Petit Prince mais qui a fait s’emballer le mien, on m’a retiré le tampon en urgence puis ils ont fini par m’expliquer le comment du pourquoi. Autant vous dire que j’ai eu très peur. La sage-femme m’annonce que je reste un peu en observation puis qu’on tentera de remettre un tampon. J’angoisse, j’ai si peur de perdre le Bébé alors que ça ne m’avais pas traversé l’esprit avant. Mais le médecin essaye de me rassurer . Il m’explique que cela arrive souvent. Je ne suis pas sereine pour autant.

11h: La sage-femme réapparaît avec une sucette et son plus beau sourire. C’est repartit! Le tampon est introduit une seconde fois. Nous attendons deux heures, le Bébé va bien, moi mieux. L’Homme, lui, est impatient de redescendre en chambre. La sage-femme revient, me retire le monitoring, me donne les instructions afin de garder le tampon jusqu’au lendemain matin puis nous retournons dans ma chambre. L’Homme décide d’aller se reposer « au cas où… » , il repassera en fin d’après midi.

13h30: Je veux me reposer. Je somnole.

15h: Un mal de dos me tire de mon sommeil. Je me mets dans une autre position, ma mère m’appelle et m’annonce qu’elle passe vers 17h avec ma sœur.

16h30: La sage-femme arrive dans ma chambre avec un monito. Elle m’explique que je serais régulièrement contrôler. Des contractions apparaissent toutes les 5 minutes sur la courbe. Je ne comprends pas, je n’ai pas mal au ventre même si je le sens se contracter régulièrement. Ma mère et ma sœur arrivent, restent un peu de temps avec moi jusqu’à ce que l’Homme revienne. Quel bonheur de voir un peu de monde! Je trouve le temps très long, seule dans cette chambre.

20h: L’Homme repart et moi je vais marcher un peu pour atténuer le mal de dos car une des puéricultrices m’a dit que si j’avais mal c’est peut-être parce que je ne bouge pas assez. Au bout de 5 minutes à errer dans les couloirs, je retourne dans ma chambre. Je décide d’attendre la sage-femme pour le dernier contrôle de la journée. Elle n’arrive finalement qu’à 23h. Je suis totalement crevée. Je m’endors malgré le monitoring. 45 minutes plus tard je suis réveillée par la sonnerie de l’appareil. Je me dis « Oh non ! Pas encore! » . J’appelle vite une sage-femme, et on m’annonce qu’elle est occupée. La puéricultrice prend le relais, me dis que les capteurs ont bougé, je suis rassurée. Une dizaine de minutes plus tard, la sage-femme revient, me fait un toucher vaginal. Mon col commence à bouger. Je suis à deux doigts… Et c’est à ce moment que je comprends que mon mal de dos est, en faite, la douleur de mes contractions. Je suis contente de ne les ressentir que dans le dos, car je les gère très bien. La sage-femme me demande de me mettre sur le dos afin de voir comment le Bébé réagit dans cette position, elle me dit qu’elle revient très vite… J’attends et j’ai très mal ! Elle ne revient qu’une demi heure plus tard, je suis très énervée! J’ai tellement mal au dos dans cette position! Elle me retire le monitoring, m’annonce que tout va bien puis elle me souhaite une bonne nuit. Ce ne sera pas encore pour aujourd’hui… Dommage!

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Samedi 22 Mars 2014: C’est le jour J. C’est sur je vais le rencontrer aujourd’hui. La sage-femme vient me chercher à 10 heures, j’envoie un message à l’Homme pour qu’il me rejoigne directement dans la salle d’accouchement. Je ne bougerais plus de cette salle jusqu’à l’arrivée du Petit Prince. Je retrouve mon élève sage-femme du Jeudi avec une sage-femme formatrice que je ne connais pas encore mais qui m’inspire vite confiance. Elle est jeune et parle facilement. Elle m’explique tout, absolument tout ce que je vais subir dans la journée, me pose le monitoring, me demande si je souhaite la péridurale et enfin m’examine. Le col n’a pas bougé depuis la nuit: 2 doigts. C’est long c’est vrai mais je suis heureuse car je suis certaine de voir mon Bébé dans la journée. L’Homme arrive et je lui explique que je n’ai jamais été hospitalisé et que j’ai vraiment peur de la perfusion. Car oui, on me déclenche par perf’. Je commence à trembler à l’idée que l’on va me « trouer le bras ». Mon Homme me tient la main, la sage-femme formatrice me rassure , l’élève pique et toute la petite équipe est super. On me donne des infos sur l’avancement et je n’ai plus peur. Puis on commence les injections de syntocinon . Je vois sur le monito et je ressens dans mon dos des contractions plus régulières. Le travail est vraiment en place maintenant. D’une contraction toutes les 5 minutes, je passe à une contraction toutes les 2 minutes. Mais je gère très bien la douleur, je me sens bien. A midi, les sage-femmes vérifient mon col: 3 doigts. ça avance! La douleur augmente, un ami arrive pour tenir compagnie à l’Homme, car le travail est vraiment long et l’Homme n’étant pas patient, il va régulièrement se promener dans la maternité. 14h: La sage-femme formatrice rompt ma poche des eaux et des contractions intenses me font m’asseoir dans mon lit, je ne gère plus du tout. J’appelle les sage-femmes, je veux la péridurale. Je demande, en attendant l’anesthésiste, d’aller aux toilettes. Les sage-femmes me répondent qu’il va falloir que je fasse pipi dans le bac récupérateur des eaux. Ce que je fais malgré ma pudeur. Tant pis, c’est leur métier, elles doivent voir ça tous les jours. L’anesthésiste arrive enfin, j’ai envie de pleurer tellement j’ai mal. Je ne suis même pas stressée par la pose de la péridurale, je veux qu’on me soulage. L’anesthésiste est vraiment très sympa et quelque peu porté sur l’humour. L’élève sage-femme me tient les mains, la pose se passe sans problème, je n’ai rien senti. L’Homme entre dans la salle, l’anesthésiste lui demande de patienter quelques minutes dans le couloir. Il m’injecte la première dose et après une dernière contraction douloureuse je suis totalement soulagée, je ne sens plus rien jusqu’à ma poitrine. L’Homme entre à nouveau dans la salle en me lançant un « Finalement, tu as pris la péridurale…« .

16h: nouveau toucher vaginal, je suis à 6 centimètres. Je trouve que ça va très vite, pour moi si ça continue ainsi à 18h j’aurais accouché. L’Homme va prévenir l’ami qui attends dans le couloir. Nous sommes tous très optimistes.

17h30: Le col est totalement effacé. Oui, mais problème, le Bébé est loin, très loin d’être engagé. La sage-femme m’explique que l’on va attendre encore deux heures et si ça ne bouge pas, on passe en césarienne. J’ai un pic de stress. Je ne veux pas passer par la césarienne après tout le mal qu’on s’est donné le Bébé et moi depuis deux jours. Tous les quarts d’heure, la sage-femme m’examine, rien ne bouge. Elle me place une sonde urinaire afin de vider ma vessie pour facilité la possible introduction de la tête du Petit Prince dans mon bassin. Puis à 19h25, l’équipe médicale me mets en place et décide d’essayer de me faire pousser. Je pousse de toutes mes forces, je regarde l’Homme qui me fait un petit signe de tête et un sourire et j’entends la sage-femme annoncer: « Il descends! » . J’étais trop heureuse d’y arriver. La puéricultrice, adorable, m’a beaucoup aidé et épaulé. Elle a même appris à l’Homme a manipulé correctement le brumisateur (petit moment drôle après cette journée fatigante!) . Une demi heure de poussée plus tard, la péridurale commence à ne plus faire effet… je ressens tout, même l’épisiotomie. Il ne reste que 2 petits centimètres au Petit Prince avant de sortir, mais c’était les deux centimètres les plus longs de cet accouchement. Le médecin de garde décide de placer la ventouse. Ce qui m’a fait très mal mais je ne sais pas pourquoi comme c’est censé être indolore… Je dis au gynécologue que je n’en peux plus, que j’en ai marre et que j’ai mal. Il m’encourage « Il est bientot là, plus qu’une poussée! » Je m’exécute, il tire fort sur la ventouse. Ce qui impressionne l’Homme. Puis la sage femme me dit de ne plus pousser, il est là. Il est 20h15. On me pose le Petit Prince sur le ventre et une vague de bonheur nous envahit, son père et moi.

Voilà le long récit de 29 heures de travail, deux jours à la maternité, deux tampons, une perf, une péridurale, une sonde urinaire, une épisiotomie, une ventouse 45 minutes de poussée et 3kg630 et 52 cm de bonheur. Le Petit Prince est né.

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