Celle qui voulait un tourne-disque.

DSC_0614.jpg

C’était devenu une obsession. Depuis que j’ai retrouvé un vinyle d’Edith Piaf qui appartenait à mon arrière grand mère, j’ai commencé une sacrée collection. Il y a de tout, mais surtout ce qui me rappelle mes parents ou mes grands parents. Pour moi, c’est comme regarder un album de famille, un vinyle c’est rempli de nostalgie. En fait c’est ça, écouter un 33 tours sur un tourne disque, c’est pas simplement écouter de la musique qu’on aime, c’est aussi s’envoler pour retourner des années bien plus tôt, à des moments que je n’ai pas vécu mais qui m’ont tellement été raconté que je pourrais presque m’en souvenir. C’est la séance de cinéma de mon papa lorsqu’il a été voir Grease (je l’imagine tellement bien, jeune avec des cheveux longs et des pantalons pat’ d’eph ), c’est se retrouver à côté de ma maman dans le canapé alors qu’elle n’avait que 10 ans et qu’elle regardait Dorothée, c’est danser sur des airs de musette avec mon papi , peut être même que j’arrive à discerner ma mamie , juste là dans sa robe de mariée. Et puis, c’est aussi ressentir tous ces sentiments que ces chansons ont certainement suscité. Le moyen de l’époque de s’amuser, danser, chanter ou panser des plaies du coeur encore toutes fraiches.

DSC_0595.jpg

dsc_0597

dsc_0600

DSC_0605.jpg

dsc_0629

dsc_0609

 

Publicités

Je suis une fille à souvenirs.

Il y a quelques années quand j’ai découvert le blog de Natacha Birds et tous les travaux qu’elle effectue, j’ai également connu ses « filles à… » . J’aimais beaucoup le concept. Il suffisait de se décrire à l’artiste et elle faisait de nous une fille à quelque chose. Je me suis souvent posée la question de savoir quel genre de fille à je peux bien être. J’aime beaucoup de choses mais on ne peut pas vraiment dire que je sois une passionnée. J’aime bien ou beaucoup et c’est tout. J’aime bien la mode, j’aime bien le maquillage, j’aime bien écrire, j’aime bien le cinéma, j’aime beaucoup la photo, j’aime beaucoup Disney et j’aime beaucoup lire les blogs. Voilà, ça résume assez bien ce que je suis. Alors je ne pouvais pas être une fille à passion. C’était impossible. Je voulais demander à Natacha de faire un portrait de moi à travers ses filles à mais quand je me suis décidée à franchir le pas, j’ai tout simplement appris qu’elle arrêtait. Trop de travail et c’est tant mieux pour elle! Alors, j’ai laissé mon idée de coté et la réflexion se faire avec le temps. Finalement, j’ai trouvé quel genre de fille à je suis. Je suis une fille à souvenirs. J’aime trop les vieilles photographies, les récits d’antan, les vinyles, les choses qui racontent des histoires vraies, qui racontent des choses de ma vie et de celle de ma famille. Je suis très attachée à mon appareil photo, à mes vieux cahiers, aux petits mots doux laissés par ci par là, aux vidéos de vacances et à mes albums empilés dans l’armoire. Je suis tout le temps à la recherche et en création de souvenir. J’adore faire développer les photos , les classer dans les albums, faire en sorte que le souvenir soit palpable. J’aurais pu aussi dire que je suis une fille à nostalgie mais je ne vis pas dans le passé. J’empile juste dans ma tête et dans mes placards des moments de bonheur. Je vis le moment présent et j’adore savoir que je peux en garder un trace.

DSC_0118.jpg

 

Les fleurs de Mamie.

DSC_0729.jpg

C’est étrange comme parfois certaines choses vous rappellent des souvenirs. Un motif, une texture, une couleur…  Pour ma part, j’ai toujours aimé les draps fleuris , hyper légers qui sentent la lessive de ma Mamie. C’est vieux et tellement frais à la fois. Ils me rappellent les longues soirées d’été chez elle, et la sensation douillette du lit qui vient d’être fait et dans lequel on se sent bien. Ils me rappellent les après midi dans le jardin tout coloré. Parce que Mamie, elle aime bien jardiner. Mamie elle aime les plantes, elle les peints aussi, elle aime la nature, elle aime l’aube et le crépuscule. Mamie, elle cultive des légumes tout beaux dans son potager et des fruits appétissants, elle entretient tout ça d’une main bien verte, elle fait des miracles et même que Mamie, elle ressemble un peu à ma bonne fée. Bien évidemment, sur photo, cette robe m’a de suite plu, mais c’est seulement en l’essayant devant mon miroir que la vague de nostalgie m’a submergé. Oh oui, ces fleurs ressemblent bien à celles des draps et aux tableaux peints à l’aquarelle. Oh oui, j’ai cette impression toute douce que cette robe longue a été coud à partir des tissus bien rangés dans la chambre de Mamie. Peut être même que si je lui avais demandé de peindre quelque chose sur une robe toute blanche, elle aurait peint des fleurs de ce style là. C’est fou comme parfois certaines choses vous rappellent des souvenirs. Un motif, une texture, une couleur… Les fleurs de Mamie.

 

Robe: Bershka / Sac: Mango / Chaussures: La Halle / Bracelet et bague: Histoire d’Or

DSC_0726.jpg

DSC_0728.jpg

DSC_0722.jpg

DSC_0689.jpg

DSC_0721 (1).jpg

DSC_0720.jpg

DSC_0725.jpg

 

DSC_0731.jpg

DSC_0730.jpg

Plus femme que jamais.

DSC_1008.jpg

Aujourd’hui, j’ai ressorti de mes placards quelques uns de mes anciens cahiers. De la maternelle au lycée, de quoi me pencher sérieusement sur mon parcours scolaire, la façon dont je m’entourais et mes changements de personnalité au fil des années. C’est fou ce qu’on peut apprendre d’une personne mais aussi de soi même dans ses cahiers. Un peu comme la lecture de la ligne de vie sur une main, il a fallu jouer la diseuse de bonne aventure en décryptant les dessins, les petits mots cachés et les appréciations sur les nombreuses pages que j’ai feuilleté. J’ai retrouvé quelques bribes de mon histoire, remis mes idées et mes souvenirs en place. J’avais oublié temporairement quelques uns des petits détails de ma vie qui ne semblaient pourtant pas important mais qui ont fait la personne que je suis devenue. Il y a bien entendu la crise d’adolescence passée avec brio et les premiers amours écrits sur quelques pages mais ce n’est pas de ça dont il est question. J’ai relu mes bulletins de primaire, les appréciations dans mes cahiers du jour jusqu’à mon cahier de grande section en maternelle. Je suis une nostalgique en puissance et j’adore ça. Je n’ai pas envie de me soigner. Un mot revenait souvent dans ces pages, un tout petit mot mais qui a rythmé ma vie durant 23 ans : discrète. Voilà ce que je suis en tout premier lieu : discrète. Les gens qui me rencontreraient aujourd’hui auraient tendance à me qualifier de gentille et positive, timide parfois, la plupart du temps sociable. Mais le terme qui m’habillait le mieux il y a encore quelques mois c’était celui de la discrétion. Il m’allait comme un gant, je dois l’admettre. C’est comme si ce mot avait été forgé pour moi, comme si il avait été mon deuxième prénom. Je me souviens désormais que je le trainais un peu comme un poids, un boulet ce trait dominant de personnalité. J’étais la fille là bas que l’on a pas remarqué au collège, celle du fond de la classe au lycée, puis la fille maquée et sérieuse. Et finalement, le seul moment où je réussissais à m’exprimer c’est lorsque quelque chose faisait battre mon coeur. Il s’agissait souvent d’un sujet pendant les heures d’école ou lorsque j’avais quelque chose à redire concernant mes gouts avec ma joyeuse bande de copines ( peu nombreuses mais de vrais amours) . Jusqu’il y a peu je me cachais du mieux que je pouvais. Susceptible, je crois que c’était ma manière de me protéger des agressions. Les yeux vers le sols, et ne répondant que très brièvement aux inconnus. Et puis, il a fallu se rendre à l’évidence. A 23 ans , avec un enfant dans les bras, je ne suis plus un bébé qu’il faut cajoler et faire attention de ne pas froisser. Et là, j’ai compris pourquoi je changeais depuis quelques temps. Je marche la tête haute dans la rue, je réponds aux personnes qui essayent de m’enfoncer (de manière toujours courtoise et polie) et je prends confiance en moi. J’apprends à être une femme, une vraie. Une maman qui protège, une amoureuse aimante et aimée , une citoyenne pour notre société, une voix …. Oui, une voix! Parce que la discrétion, aussi mignonne soit elle, a elle aussi le droit de se faire entendre. Aujourd’hui, je me sens plus femme que jamais. Je porte du rouge à lèvres rouge, des talons hauts, je prends des responsabilités et je mène mes idées au bout. Je me sens capable de faire tout ce dont j’ai envie et c’est une nouvelle liberté. Je reste timide et discrète en mon for intérieur évidemment, on ne change pas une nature comme ça. Mais dans ma féminité trouvée, j’ai également gagné l’inégalable apaisement d’enfin assumer mes choix.

DSC_1005.jpg

DSC_1012.jpg

DSC_1013.jpg