J’ai relu le Petit Prince!

La première fois que j’ai ouvert ce bouquin j’avais 12 ans. Je l’avais trouvé par hasard au BDI de mon collège et j’avais décidé de le lire. On m’en avait déjà vaguement parlé, me disant que ce conte était juste fantastique et plein de bon sens. A vrai dire, je l’avais commencé sans grand intérêt . A l’époque j’aimais les choses qui parlaient aux jeunes ados de mon époque. J’avais laissé la bibliothèque rose et tous ces livres enfantins pour des histoires un peu plus trash. J’étais happée par L’herbe bleue, Christianne F ou encore Hell. Alors vraiment je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour là de vouloir essayer Le Petit Prince. A la fin de ma lecture, j’étais un peu déçue. D’accord, c’était une jolie aventure avec des personnages tout mignons et j’aimais beaucoup le renard que j’aurais pensé, au début,  farceur mais qui s’avérait n’être rien d’autre qu’un être en détresse . Je l’ai donc reposé et n’en ai plus jamais parlé.

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Nous voilà onze ans plus tard, j’ai grandi, suis devenue maman et je suis maintenant assistante de vie scolaire. Il n’a pas fallu longtemps pour que je croise à nouveau le chemin de ce bouquin. Comme je n’avais pas le temps de le lire au travail sur mes temps de pause, je suis allée chez Carrefour me le procurer. Je l’ai lu d’une traite et il faut dire ce qu’il en est: c’est un chef d’oeuvre! A 12 ans, je n’avais pas mesuré l’étendue philosophique d’une telle histoire. Cette aventure me paraissait juste enfantine et curieuse. Non mais franchement, un livre d’adulte avec des dessins! Y avait de quoi s’y perdre! Aujourd’hui, étant moi même adulte je comprends ce qu’ Antoine de Saint Exupéry a voulu montrer. Il ne faut jamais oublier son âme d’enfant. Tous les personnages rencontrés dans ce livre ont fait écho à des personnes que j’ai aimé ou détesté dans ma vie. Le vaniteux, le businessman, le roi… J’ai même rencontré ma rose et mon renard. Et c’est drôle de voir avec nos yeux d’enfants, sous un angle totalement différent, les qualités et les défauts de chacun. C’est même beaucoup plus intéressant qu’avec mes yeux d’adulte. Ce livre nous apprends à retrouver les choses vraies: l’amour, l’amitié, le bonheur et nous mets devant nos propres faux pas. Est ce qu’être penché sans cesse sur son compte en banque rend heureux? Est ce que posséder tous les biens matériels apporte le bonheur? Bien sûr que non, et même si tous les mantra de la Terre nous le rappelle sans cesse, l »adulte est souvent happé par son désir de possession. Oubliant même parfois de tisser des liens avec son entourage.

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J’ai refermé mon livre avec un sentiment un peu bizarre. Un peu lorsque je sors d’une salle de cinéma après avoir vu un film avec un fort questionnement philosophique. J’ai retourné les choses mille et une fois dans ma tête me demandant si j’aimais ma vie et les êtres qui m’entourent à leur juste valeur. C’est assez éreintant de penser à ça puisqu’on se rend compte des erreurs que l’on fait au quotidien. Et bien sûr, ça apporte pas mal de réponses mais amène tout un tas d’autres questions. En plus de cela, j’ai trouvé le dénouement d’une tristesse infinie. Alors, bien sûr j’ai aimé, j’ai adoré même mais avec ce genre de récit il faut être prêt à se questionner sur sa propre vie ensuite.

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Et toi, as tu lu Le Petit Prince ? Qu’en as tu pensé?

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The revenant : la claque visuelle.

Lundi, j’apprends la victoire de Leo aux Oscars. Il ne m’en fallait pas plus pour sauter dans ma voiture et me rendre au cinéma pour aller enfin voir The revenant d’Alejandro G. Inarritu. Oui, oui je suis comme ça moi. Alors, je te préviens de suite si tu n’aimes pas les longues critiques de film , passes ton chemin, ce post n’est pas fait pour toi. Je ne cache pas mon engouement pour ce chef d’oeuvre , de toute façon rien que mon titre montre mon enthousiasme. Je suis ressortie du cinéma un petit peu abasourdie. La vérité? Je ne m’attendais pas à ça. Et sincèrement, j’adore ce sentiment.

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Alors pourquoi ai-je aimé? 

Tout d’abord pour la beauté des paysages. Il faut se le dire, ce n’est pas un film d’action à proprement parlé. C’est surtout une magnifique aventure en terre hostile et froide du Dakota du Nord à l’époque des trappeurs. Pour ceux qui aiment les paysages enneigés de montagnes et de grandes plaines vous serez servis. Ces paysages grandioses sont d’ailleurs filmés avec beaucoup de génie. J’entends par là que rien que l’image fait vivre au spectateur les conditions dans lesquelles évoluent nos héros. On a froid et mal avec eux. Et, le vrai plus, tout a été filmé à la lumière naturelle. Ce qui a pour effet de nous immerger un peu plus dans cette nature.

J’ai également aimé le fait que cette histoire est tirée d’un livre lui même inspiré de faits réels. Hugh Glass a vraiment vécu et a surtout vraiment parcouru 300 kilomètres dans l’espoir de se venger de l’homme qui l’a laissé pour mort. Lorsque l’on sait ça, il est plus facile de se mettre à la place du pauvre homme et d’imaginer ce qu’il a pu endurer.

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J’ai adoré entrevoir toute la recherche qu’a du susciter ce film en matière de coutumes indiennes et de techniques de l’époque. Voilà un voyage dans le temps qui ne laisse pas indifférent. Le spectateur peut en apprendre beaucoup sur les croyances des différents peuples, sur la manière dont les hommes chassaient pour la fourrure, le commerce avec les Indiens, les liens entre Français/ Américains/Indiens ou simplement les techniques employées par Hugh Glass pour survivre seul en pleine nature.

J’ai été fasciné pour le lieu et l’époque tout simplement parce qu’on voit peu de films qui retranscrivent cette période de l’histoire. En effet, beaucoup de films américains relatent de la guerre de Sécession, des rapports entre Américains et Indiens du Sud mais on voit finalement trop peu de films qui montrent les Indiens du Nord, les différentes tribus et les rapports conflictuels qu’ils avaient avec les missionnaires Français et autres trappeurs Américains. C’est très souvent survolé. Là, on est au coeur de l’histoire.

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J’ai été époustouflé par le jeu de Tom Hardy. Il n’a pas eu l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle mais c’est pour moi une aberration. J’adore Leo (vous le savez depuis cet article) mais je trouve que précisément dans ce film Tom Hardy est au dessus. Je pense simplement que Leo est époustouflant dans sa performance physique (au vu des conditions naturelles et climatiques) alors que Tom l’est dans son jeu d’acteur.

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Le film comporte également de nombreux gros plans. Cela apporte un contraste de dingue. La plupart des scènes de nature sont prises en plan large, mais dès qu’il s’agit des personnages, on tombe dans les gros plans. On pourrait presque sentir leur souffle au travers de l’écran. Et j’ai une mention spéciale à donner à la dernière scène du film (je préviens: toute la partie en italique spoil cette dernière scène) : Après avoir vu le fantôme de sa femme partir, Hugh Glass en gros plan fixe l’objectif et y porte un regard terriblement triste. C’ est à tomber. Ici, Leonardo DiCaprio fait passer une émotion assez intense qui m’a laissée sans voix.

En parlant d’émotions, j’y viens tout de suite. Le spectateur est plongé dans l’histoire et surtout dans le passé de notre personnage principal dès le début du film. On comprend de suite que l’histoire va être portée par le lien fusionnel entre un père et son fils et un deuil non terminé. Bien qu’extrêmement triste, la première scène est filmée d’une manière assez spéciale qui apaise presque le spectateur. On se laisse porter par la voix off (celle de Hugh Glass ) qui essaye de rassurer et de porter secours. A partir de là, les éléments s’enchainent, et on se retrouve vite au coeur de scènes très violentes. Et c’est là où j’ai été surprise. Je ne pensais pas trouver dans ce long métrage tant de violence (embuscades, combats, meurtres, viol…) . Là encore, on voit que le réalisateur a cherché à être au plus près de la vérité et c’est saisissant de réalisme.

Je voulais te parler de la dimension philosophique de cette oeuvre. Hugh Glass est un homme intelligent qui a côtoyé différents peuples dans sa vie. Plus qu’un voyage vers une vengeance certaine, c’est également un vrai voyage philosophique qu’il vit ( et que nous vivons avec lui) . Il est question d’amour, de paternité, de vengeance , de rédemption mais aussi de dignité et de force. Qu’est ce que l’amour? Qu’apporte t-il à un homme (surtout à cette époque) ? Jusqu’où peut aller la vengeance? Quel rôle tient le père vis à vis de son enfant? D’où peut venir la force, physique comme mentale? Quel est le but premier de la vie? Autant de questions posées et bien plus de réponses données, parfois cachées, parfois non.

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Tu n’es sans doute pas sans savoir que ce film a reçu la très jolie distinction de Meilleure photographie aux Oscars. Là, encore, une récompense amplement méritée. On voit avant tout du contraste. Les paysages immenses et les hommes tout petits. La neige immaculée et le sang bien rouge. Un visage sale et des yeux bleus très purs. Toute la photographie du film joue sur des contrastes saisissants. Et si tu es amateur de photographie et de belles images , je ne peux que te recommander ce film . La claque visuelle vient avant tout de là.

 

Pour conclure, j’ai adoré ce film! J’ai beaucoup aimé ressentir toutes ces émotions et avoir l’impression de « vivre cette expédition avec eux » . En grande fan de films lents, j’ai été servi. Il  faut le savoir tout de même, ce film dure 2h36 et une bonne partie de ce temps est exploitée pour la prise de vue des paysages. Il faut admirer ce long métrage comme on admire la montagne le matin en ouvrant les volets (bizarre comme comparaison, mais je le ressens comme ça). Il faut prendre le temps quoi! Il ne s’agit pas là d’une succession de scènes d’actions et mais bien d’une composition entre vues larges de paysages, gros plans sur les personnages et scènes de combat. Et surtout , surtout une extraordinaire aventure physique, et philosophique. 

Et toi, as tu vu ce film? Veux tu le voir?