Des fleurs exotiques.

Mardi était le dernier jour de l’année scolaire et le jour des cadeaux aux maitresses et employés d’école. C’était un peu spécial pour moi, c’est la première fois que je vis ce moment du côté de l’équipe pédagogique et plus du coté des élèves. Certains élèves s’envolent vers de nouveaux horizons, d’autres grandissent et s’affirment , chaque enfant part en ayant appris de nouvelles choses, parfois les au revoir sont déchirants mais bien souvent ils sont joyeux.  Du côté des adultes, il y a ceux qui nous souhaitent bonnes vacances et qu’on a hâte de retrouver à la rentrée, ceux qu’on croisera forcément durant les deux mois d’été et puis ceux qui, comme les enfants, ont décidés de suivre de nouvelles aventures. C’est le cas de la collègue avec qui j’ai travaillé cette année. Une nouvelle vie s’offrait à elle alors elle l’a attrapé au vol pour être sure de ne pas la manquer. C’est un peu  étrange ces au revoir d’adultes. On ressent une drôle d’émotion qui prend à la gorge et qui  donne la boule au ventre. Il faut déjà repenser à ces moments de complicité qu’on n’aura plus jamais et ces journées un peu plus fades où il a fallu se serrer les coudes. Et puis, on se dit que si chacun est heureux, au final , certaines choses sont bien obligées de bouger. Et il a fallu aussi faire des cadeaux d’adulte à adulte, remercier pour l’année écoulée, souhaiter bonne chance pour le futur. Alors voilà, la gentille collègue m’a offert de jolies fleurs exotiques et moi, j’avais un cadeau secret à lui donner, un doudou pour le bébé qui va arriver. Et j’ai placé mes fleurs bien en évidence dans la cuisine pour en profiter au maximum. Je les ai même photographiés pour ne pas oublier.

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Plus femme que jamais.

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Aujourd’hui, j’ai ressorti de mes placards quelques uns de mes anciens cahiers. De la maternelle au lycée, de quoi me pencher sérieusement sur mon parcours scolaire, la façon dont je m’entourais et mes changements de personnalité au fil des années. C’est fou ce qu’on peut apprendre d’une personne mais aussi de soi même dans ses cahiers. Un peu comme la lecture de la ligne de vie sur une main, il a fallu jouer la diseuse de bonne aventure en décryptant les dessins, les petits mots cachés et les appréciations sur les nombreuses pages que j’ai feuilleté. J’ai retrouvé quelques bribes de mon histoire, remis mes idées et mes souvenirs en place. J’avais oublié temporairement quelques uns des petits détails de ma vie qui ne semblaient pourtant pas important mais qui ont fait la personne que je suis devenue. Il y a bien entendu la crise d’adolescence passée avec brio et les premiers amours écrits sur quelques pages mais ce n’est pas de ça dont il est question. J’ai relu mes bulletins de primaire, les appréciations dans mes cahiers du jour jusqu’à mon cahier de grande section en maternelle. Je suis une nostalgique en puissance et j’adore ça. Je n’ai pas envie de me soigner. Un mot revenait souvent dans ces pages, un tout petit mot mais qui a rythmé ma vie durant 23 ans : discrète. Voilà ce que je suis en tout premier lieu : discrète. Les gens qui me rencontreraient aujourd’hui auraient tendance à me qualifier de gentille et positive, timide parfois, la plupart du temps sociable. Mais le terme qui m’habillait le mieux il y a encore quelques mois c’était celui de la discrétion. Il m’allait comme un gant, je dois l’admettre. C’est comme si ce mot avait été forgé pour moi, comme si il avait été mon deuxième prénom. Je me souviens désormais que je le trainais un peu comme un poids, un boulet ce trait dominant de personnalité. J’étais la fille là bas que l’on a pas remarqué au collège, celle du fond de la classe au lycée, puis la fille maquée et sérieuse. Et finalement, le seul moment où je réussissais à m’exprimer c’est lorsque quelque chose faisait battre mon coeur. Il s’agissait souvent d’un sujet pendant les heures d’école ou lorsque j’avais quelque chose à redire concernant mes gouts avec ma joyeuse bande de copines ( peu nombreuses mais de vrais amours) . Jusqu’il y a peu je me cachais du mieux que je pouvais. Susceptible, je crois que c’était ma manière de me protéger des agressions. Les yeux vers le sols, et ne répondant que très brièvement aux inconnus. Et puis, il a fallu se rendre à l’évidence. A 23 ans , avec un enfant dans les bras, je ne suis plus un bébé qu’il faut cajoler et faire attention de ne pas froisser. Et là, j’ai compris pourquoi je changeais depuis quelques temps. Je marche la tête haute dans la rue, je réponds aux personnes qui essayent de m’enfoncer (de manière toujours courtoise et polie) et je prends confiance en moi. J’apprends à être une femme, une vraie. Une maman qui protège, une amoureuse aimante et aimée , une citoyenne pour notre société, une voix …. Oui, une voix! Parce que la discrétion, aussi mignonne soit elle, a elle aussi le droit de se faire entendre. Aujourd’hui, je me sens plus femme que jamais. Je porte du rouge à lèvres rouge, des talons hauts, je prends des responsabilités et je mène mes idées au bout. Je me sens capable de faire tout ce dont j’ai envie et c’est une nouvelle liberté. Je reste timide et discrète en mon for intérieur évidemment, on ne change pas une nature comme ça. Mais dans ma féminité trouvée, j’ai également gagné l’inégalable apaisement d’enfin assumer mes choix.

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